Phasmes VedèneLES PHASMES

Trio de plaques amplifiées – Une création du Collectif Inouï
Pierre COIFFARD, Serge INNOCENT, Guigou CHENEVIER,  plaques amplifiées (bois, verre, métal)
Emmanuel GILOT, création sonore / Erick PRIANO, création visuelle
Avec le soutien de la Drac, du Conseil Régional PACA et du Conseil Général de Vaucluse.

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fiche technique son                                photo 1 l’Autre Scène                                               photo 2 l’Autre Scène


 LE FOND ET LA FORME:

Les phasmes sont des insectes herbivores. Voilà un bon point.
Les Phasmes se fondent dans leur environnement pour survivre, en imitant à la perfection brindilles, feuilles mortes ou baguettes de bois dur. Voilà qui nous parle. De plus, certaines espèces de phasmes disposent de glandes sécrétant des substances toxiques comme moyens de défense. Voilà qui nous ravit. En somme, les phasmes sont aux caméléons, ce que les batteurs sont aux musiciens : des copies rudimentaires et PHOTO LES PHASMES (Philippe Houssin)nocives. Nous qui sommes trois batteurs, sommes des bestioles qui pour se défendre, sécrétons des substances toxiques à base d’éléments percussifs.

Un trio camouflé sous des couches de sons. Des agrégats d’harmoniques.
Des architectures de peaux. Des assemblages de timbres.
Des conglomérats d’ondes cuivrées et martelées. Des chevauchements de rythmes.
Des tas de vibrations. Des kilos de fûts.
Des entrelacs de pulsations. Des monceaux d’atmosphères cadencées.
Le tout, totalement libre et improvisé.
Trois sales bêtes qui improvisent et se fondent comme du beurre dans la poêle à frire de leurs imaginaires.

Les Phasmes, c’est 3 cerveaux, 6 neurones, 6 bras, 6 mains, une vingtaine de pieds (de cymbales), des plaques de tôle, des casseroles, des aiguilles à tricoter, un arsenal d’objets sans queues ni têtes (mais bougrement bruyants), bref, tout un attirail de salle des ventes. Grâce à la magie du spectacle, Les Phasmes transforment tout ce bric à brac en une musique sans cesse renouvelée.

LES ATELIERS
Les Phasmes 6 (Photo Delphine Michelangeli)Les phasmes sont des insectes sans ailes qui ressemblent aux tiges et aux branchages sur lesquels ils vivent. Ils bougent peu mais produisent des sons, des bruits et des frottements que l’on pourrait amplifier afin d’en recueillir de la matière. Le trio des « Phasmes » travaille ainsi, sur des plaques de verre, bois et métal. Il déplace, frotte, frappe et fait tourner ses objets sonores, peu à peu amplifiés et diffusés grâce à la maitrise technique d’Emmanuel Gilot. Il en résulte une poésie sonore improvisée, une architecture de l’éphémère, une ode à la fragilité et à l’écoute ouverte.

En amont du concert, « les Phasmes » propose un atelier artistique centré sur la pratique. Les élèves sont invités à piocher des objets (baguettes, boites de conserves, tiges diverses, brosses, jouets, clochettes…), à plonger dans les méandres de leurs sonorités cachées en exploitant au maximum les possibilités d’en faire sortir des sons sur ces fameuses plaques amplifiées. Encore une fois, la technique est au rendez-vous et jamais un accroc ne vient perturber les apprentis-chercheurs dans leur expérimentation.

Puis trois ateliers sont proposés:

– Le premier aborde l’architecture sonore, en construisant des parcours mécaniques à l’aide d’objets à remonter, à pousser, à faire rouler…L’un déclenche les autres qui se mettent tour à tour en mouvement et en résonance. Ici, l’aléatoire et le hasard prennent une grande place, le jeu aussi, bien entendu.
– Le deuxième atelier explore plus en amont les plaques amplifiées et travaille l’écoute, l’improvisation, la notion d’individualité et de collectif au sein d’une production sonore. Des sons longs, circulaires, cycliques, des ostinati (petits fragments répétés en boucle), des sons uniques…
– Le troisième atelier propose une approche musicale centrée davantage sur l’écriture et la construction. Chaque élément proposé par les élèves est expérimenté, à l’aune de tous les autres. Comment imbriquer les choses, les unifier ou les désolidariser dans une pièce commune. Il en résulte une petite forme où la simplicité et la rigueur deviennent la clé.
A l’issue de ce travail en groupe, tous les élèves se retrouvent pour découvrir les productions de chacun. L’échange, le dialogue et l’esprit critique sont au rendez-vous afin de saisir l’importance de chaque geste, chaque son, chaque petite pièce d’une architecture globale. Nous repartons convaincus par la richesse pédagogique d’une telle immersion dans ce qu’est le processus de recherche d’un artiste au travail. Chaque élément abordé est une facette de ce que cherchent à jouer et à faire entendre les Phasmes. Les élèves apprennent ainsi à gommer toute hiérarchie dans l’univers sonore qui nous entoure, à aborder l’improvisation par l’écoute et le partage, à se mettre dans une position de chercheur, tour à tour talentueux ou bredouilles, à construire avec les autres et surtout, à ouvrir grand leurs oreilles sur le monde.
Un atelier dont on peut assurément réutiliser ce qu’il apporte tout au long d’un processus pédagogique à long terme. Les portes s’ouvrent, les élèves repartent avec l’envie d’aller chiner quelques objets pour en produire une œuvre, à la manière des collages dada.

 


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